Texte A - Pierre de Ronsard, «Sur la mort de Marie», sonnet CVIII, Le Second Livre des Amours (1578).
Texte B - Paul Verlaine : «Toutes les amours de la terre...» (Sagesse, III, 18, 1881)
Texte C - Paul Eluard : «Notre vie» (Le Temps déborde, 1947)

Le corpus est composé de trois poèmes d’époques très différentes mais dont le point de départ est similaire: la douleur face à la mort. Le texte A est extrait du Second Livre des Amours, de Ronsard, au XVI° siècle: il évoque la mort d’une jeune fille, Marie. Le texte B est de la fin du XIX° siècle: le recueil Sagesse appartient à la dernière période de Verlaine. Le poète part de l’amertume ressentie par l’homme devant la mort, la haine etc. Eluard, auteur du texte C, est un poète du XX° siècle. Il a perdu sa femme Nush et sa douleur est immense. Ces trois poèmes partent donc de la douleur ressentie par le poète. Ils l’expriment différemment et ne restent pas tous centrés sur ce sentiment. Nous nous poserons donc la question de savoir ce que devient la douleur, exprimée par le poète.

Dans le sonnet de Ronsard, la mort de la jeune fille est au centre mais occupe en tout peu de place; Ronsard mentionne ses larmes et ses pleurs mais sans s’étendre sur cette douleur. Il développe plus volontiers la description d’une belle rose au mois de mai, dans les deux quatrains, afin de lui comparer la jeune Marie. C’est pourquoi le sonnet apparaît davantage comme un hommage à la jeune fille qu’une déploration. Ainsi, le vocabulaire de la beauté (belle jeunesse, première fleur, grâce, embaumant...) est bien plus riche que celui de la mort (languissante, t’a tuée..) D’ailleurs, même morte, Marie restera belle, car le sonnet se clôt en reprenant la comparaison avec la rose.

Eluard évoque aussi les beaux matins de mai (v. 2). Il rappelle les moments de bonheur et d’intimité Notre vie disais-tu si contente de vivre / Et de donner la vie à ceux que nous aimions. Mais la mort de Nush est un thème obsédant: la mort est nommée six fois, dont trois dans le seul v. 9; et au v. 11 la phrase sans verbe oppose la morte qui est visible, qui se présente sans cesse aux yeux du poète, à Nush, la vraie, la vivante, qui, elle, est devenue invisible. Par ailleurs, le champ lexical de la douleur est davantage développé que dans le sonnet de Ronsard: la soif, la faim, mon corps épuisé, sources de larme etc. Ainsi, le poème d’Eluard reste centré sur l’expression de la douleur, et donc dans le registre élégiaque, là où le sonnet de Ronsard s’échappe vers l’éloge rhétorique.

Dans le poème de Verlaine, on retrouve l’expression lancinante de la douleur, comme chez Eluard, mais avec des énumérations qui disent la variété des sources de douleur: toutes les formes d’amour qui se corrompent, dans la première strophe; la mort, la traîtrise, la violence dans la deuxième strophe. Le champ lexical de la douleur est riche: affreusement amer, ta chair s’irrite, voix dolentes, navrance... Mais l’intervention de Jésus, qui exhorte à aimer malgré tout, à espérer contre toute espérance, réoriente le poète: que celui-ci forme un choeur et qu’il aille de l’avant. C’est la dignité de l’homme, du poète Verlaine en particulier, de pouvoir composer à la gloire du Christ des hymnes à partir de sa propre navrance. Ainsi, la douleur devient prière qui délivre, rend espoir etc.

Le sonnet de Ronsard et le poème de Verlaine ont donc en commun de sublimer la douleur: l’un par la beauté, l’autre par la prière. Le poème d’Eluard est le plus intime des trois. Cependant, en restant centré sur une forme de deuil que beaucoup de personnes sont amenés à vivre, celui du veuvage, il atteint à l’universel.

D'une durée de 20 à 25 minutes, cet exercice en classe permet de s'entraîner à la dictée du brevet (120-140 mots) et de vérifier les connaissances en grammaire et en vocabulaire (en consacrant moins de temps que pour une épreuve de lecture + questions du brevet)

Un repas de fête (dictée)

Il était plus de cinq heures. La nuit filtrait à travers les couches cuivrées qui bordent l’horizon. Les deux pièces d’Om Jamil – carrelées, ouvertes l’une sur l’autre – paraissaient reblanchies depuis la veille. On y voyait trois fauteuils couverts de housses écrues, une armoire, un vieux coffre ; une série d’images pieuses, disposées en éventail et fixées au mur par des punaises. Près de la fenêtre, sur un guéridon, un petit sapin paré de boules miroitantes et de bougies multicolores. Partout une odeur de savon, de linge fraîchement repassé.
Om Jamil déplaça la table pour la mettre bien en vue. Elle recouvrit le bois blanc d’une nappe amidonnée, disposa dessus une quinzaine de plats : de la brochette d’oiseaux jusqu’aux friandises farcies de noix et d’amandes, rien ne manquait au repas.

source : https://bescherelle.com/laccord-du-verbe-les-accords-difficiles-130-mots  

Orthographe grammaticale

  • les couches cuivrées : au féminin pluriel, un participe passé d'un verbe du 1er groupe (ici employé comme adjectif) a la terminaison -ées. 
  • qui bordent : l'antécédent du pronom relatif qui est couches, qui est au pluriel; donc qui, Sujet du verbe bordent est au pluriel
  • carrelées, ouvertes : ces deux adjectifs se rapportent à pièces, nom féminin pluriel
  • reblanchies : cet adjectif a la fonction Attribut du Sujet pièces, féminin pluriel
  • trois fauteuils couverts : masculin pluriel 
  • une série : féminin singulier
  • (séries d')images pieuses : le mot série implique le pluriel pour son complément 
  • fixées : ce participe passé employé comme adjectif se rapporte à images pieuses, au féminin pluriel 
  • fixées au mur : à un seul mur à la fois, donc singulier

Vocabulaire et orthographe d'usage :

  • horizon, horizontal... commencent par la lettre h  
  • coffre a deux f
  • carrelé : pavé, revêtu de carreaux, de carrelage
  • – paraissaient : après le tiret long, c'est la même phrase qui continue, donc le mot commence par une minuscule 
  • la veille : le jour précédent
  • fauteuil : siège à dossier, généralement à bras, pour une personne, et dans lequel on est assis confortablement
  • punaise : petit clou court, à tête plate et ronde, employé pour fixer des dessins, des plans, des photos, etc.
  • guéridon : petite table, généralement ronde et à pied central unique, de facture élégante, supportant le plus souvent des objets légers, décoratifs on non.

 

 

Un mari qui exagère (extrait d'une scène de théâtre)

Martine - J'ai quatre pauvres petits enfants sur les bras, qui me demandent à toute heure du pain et vous me menacez avec votre bâton.

Sganarelle - Cinq ou six coups de bâton, entre gens qui s'aiment, ne font que ragaillardir l'affection. Va, je m'en vais au bois, et je te promets aujourd'hui de nombreux fagots. 

Orthographe grammaticale

  • quatre pauvres petits enfants : l'adjectif numéral cardinal quatre est invariable; les noms et adjectifs qu'il introduit se mettent au pluriel
  • qui me demandent : l'antécédent du pronom qui est enfants, au pluriel; donc qui, Sujet de demandent, est au pluriel; la terminaison de la 3° pl des verbes du 1° groupe est -ent 
  • à toute heure : au singulier, pour signifier à chaque heure (groupe nominal prépositionnel introduit par la préposition à)
  • vous me menacez : la terminaison des verbes à la 2° pl est -ez 
  • six coups de bâton : plusieurs coups (donc pluriel coups) avec un seul et même bâton (donc singulier bâton)
  • je te promets : présent du verbe promettre, 3° groupe, avec -t- à la fin du radical, et -s comme terminaison de la 1° sg
  • Va : impératif 2° sg, terminaison -a 

Vocabulaire et orthographe d'usage :

  • ragaillardir : verbe dérivé de gaillard, donc -ill- au milieu et -d- à la fin du radical
  • affection : avec deux f, comme tous les mots de la famille (affecter, affect, affectivité...)
  • coup : au sens de "mouvement rapide qui heurte", le mot se termine par un -p muet, comme beaucoup, contrecoup (≠ cou : partie qui unit la tête au tronc)