altruisme : A. Psychol. Disposition bienveillante à l'égard des autres, fondée sur la sympathie. Synon. philanthropie; anton. égoïsme, égocentrisme. B. Morale. Conduite de l'homme responsable qui pose comme but de l'activité morale l'intérêt de ses semblables. Quasi-synon. abnégation, générosité; anton. égoïsme, hédonisme. (TLF)
 ex.  Cet homme qui rêvait d'être un apôtre, qui n'a jamais hésité à consacrer son temps, son autorité, son intelligence, à de nobles initiatives et à la défense des plus justes causes; qui, tant de fois dans sa vie, a donné d'éclatants témoignages de son altruisme et de son désintéressement, était également capable de méchancetéset de mesquines rancunes. R. Martin du GardSouvenirs autobiographiques et littéraires,1955, p. XC.

philanthropie : A. Cour. Exercice de la bienfaisance. Qualité de coeur et de générosité du philanthrope; ensemble des nobles sentiments qui l'animent. P. ext. Désintéressement, absence de calcul dans les actes, le comportement. B. Vieilli. Amour qu'une personne a naturellement pour ses semblables. (TLF)

empathie : Capacité de s’identifier à autrui, d’éprouver ce qu’il éprouve. [étym. XXe siècle. Composé du préfixe grec em‑, de en, « dans », et de ‑pathie, d’après sympathie.] (Ac.)

ethnocentrisme : Tendance, plus ou moins consciente, à privilégier les valeurs et les formes culturelles du groupe ethnique auquel on appartient. [étym. XXe siècle. Composé d'ethno- et de -centrisme, dérivé de centre.] (Ac.) synon. chauvinisme

acculturation : Adoption progressive par un groupe humain de la culture et des valeurs d'un autre groupe humain qui se trouve, relativement à lui, en position dominante. Par ext. Adaptation d'un individu à une culture étrangère. L'acculturation des étrangers dans un pays d'accueil. [étym. XXe siècle. Emprunté de l'anglo-américain acculturation, dérivé de culture, « culture ».] (Ac.) 1. Ethnol. "Modifications qui se produisent dans un groupe culturel [concernant la manière d'agir, de percevoir, de juger, de travailler, de penser, de parler] par suite du contact permanent avec un groupe (généralement plus large) appartenant à une autre culture." (Mucch. Sc. soc. 1969). 2. Sociol. "Processus par lequel un individu apprend les modes de comportements, les modèles et les normes d'un groupe de façon à être accepté dans ce groupe et à y participer sans conflit." (Mucch. Sc. soc. 1969). (TLF)

inculturation : L'inculturation est un terme chrétien utilisé en missiologie pour désigner la manière d'adapter l'annonce de l'Évangile dans une culture donnée. Cette notion est proche, mais sensiblement différente, de l'acculturation en sociologie. En effet, l'acculturation concerne le contact et la relation entre deux cultures, tandis que l'inculturation concerne la rencontre de l'Évangile avec les différentes cultures. (Wikipedia)
 anthropol. , théol. Insertion du message chrétien dans une culture donnée. [étym. néol. (de culture + prép. lat. in « dans, en, parmi, sur », à valeur locative et inchoative), subst. fém.] (TLF)
 ex."[Le] Père Dis Amoltavadass, théologien indien qui travaille en faveur de l'« inculturation » de la foi chrétienne en Inde." (Le Monde, 15 juill. 1981, p. 16, col. 2)

désintéressement : 1. Action de rendre à quelqu’un ce qui lui est dû, ou de compenser la perte qu’il a subie ou pourrait subir. Le désintéressement d’un créancier. 2. Qualité de celui qui est désintéressé. C’est un homme d’un grand, d’un entier désintéressement. Faire preuve de désintéressement, d’un extrême désintéressement. [étym. XVIIe siècle. Dérivé de désintéresser.] (Ac)

hostilité : 1. Acte d’un ennemi, acte de guerre. ex. Commettre une hostilité, des hostilités. 2. Disposition hostile, vive inimitié à l’égard d’une personne, ou forte opposition à une chose. ex. Une hostilité sourde, latente. Une hostilité avouée, déclarée. Une hostilité de principe. Hostilité à une idée, un projet. Être en butte à l’hostilité de quelqu’un. [étym. XIVe siècle. Emprunté du bas latin hostilitas, « sentiments hostiles », dérivé de hostilis (voir Hostile).] (Ac)

I - L'autorité et la tradition promeuvent l'erreur
Dans Les Pensées sur la Comète, Pierre Bayle explique : 
- suivre la tradition c'est, selon Pierre Bayle, se mettre au nombre des "sectateurs crédules et paresseux" (p.17 l.9) qui suivent "l'autorité de deux ou trois personnes (...) ayant débité une doctrine" (l.4)
- quant à l'autorité des savants, elle est "une aussi méchante caution que le peuple" (l.23), car rien ne prouve que "ce grand Docteur qui avance quelque doctrine a apporté plus de façon à s'en convaincre qu'un ignorant". 

II - Même si la vérité absolue n'est pas tangible, il vaut mieux chercher la vérité en conscience
Dans son Commentaire philosophique, Pierre Bayle dit :
- "Il est impossible (...) de connaître certainement que la vérité qui nous paraît (...) est la vérité absolue" (l.1-5); 
- cependant "Dieu se contente d'exiger de [l'homme] qu'il cherche la vérité le plus soigneusement qu'il pourra" (l.18-19)

III - Le libre examen signifie que chacun cherche par lui-même
- p.17 l.29-31 "il est certain que le témoignage d'un homme ne doit avoir de force qu'à proportion du degré de certitude qu'il s'est acquis en s'instruisant pleinement du fait" 
- p.22 l.24-24 "il est de la porté de chaque particulier (...) de donner un sens à ce qu'il lit ou à ce qu'on lui dit, et de sentir que ce sens est véritable"

Jusqu'au milieu de l'époque moderne, a perduré un système de mesure dont l'homme était l'étalon. En effet, le pouce ou le pied sont des unités de mesure fondées, comme leur nom l'indique, sur la longueur du pouce ou d'un pied d'homme. Ainsi, on mesurait le monde à partir de l'homme, le macrocosme à partir du microcosme.

Dans le système métrique, c'est le macrocosme qui devient l'étalon : le mètre est défini comme "la dix millionième partie de l'arc du méridien terrestre". Et toutes les autres unités sont dérivées du mètre: celles de superficie comme l'are (10 m2), de contenance comme le litre (1 dm3), de masse comme le gramme (1 cl d'eau). 

Or, mesurer le monde c'est une manière de se le représenter. L'adoption du système métrique marque donc un changement très important dans notre représentation du monde, d'autaut qu'il est devenu universel. 

Document présentant l'adoption du système métrique : pdf  

A l'époque de la Révolution Française, des savants français ont conçu et instauré le système métrique: système d'unité de mesure fondé sur la taille de la terre. Jusqu'alors avait prévalu un système fondé sur l'homme: pouce, coudée, pied... Or, ce référentiel était variable d'une région à l'autre. 

Le mètre est l'étalon père: non seulement la superficie et le volume, mais également l'unité de masse, le gramme, est fondé sur le mètre. 

Extrait du Décret relatif aux poids et aux mesures. 18 germinal an 3 (7 avril 1795)

  • On appellera : Mètre, la mesure de longueur égale à la dix-millionième partie de l'arc du méridien terrestre compris entre le pôle boréal et l'équateur.
  • Are, la mesure de superficie, pour les terrains, égale à un carré de dix mètres de côté. Stère la mesure destinée particulièrement aux bois de chauffage, et qui sera égale au mètre cube.
  • Litre, la mesure de capacité, tant pour les liquides que pour les matières sèches, dont la contenance sera celle du cube de la dixième partie du mètre.
  • Gramme, le poids absolu d'un volume d'eau pure égal au cube de la centième partie du mètre, et à la température de la glace fondante.

 

N'est-il pas remarquable que l'humanisme, qui s'envisage comme anthropocentrique s'opposant au théocentrisme, consacre un système où l'homme n'est plus le référentiel de mesure: on lui a substitué le macrocosme, la planète ?