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Réécriture
Tout texte entretient des relations avec d’autres textes, interagit sur eux. L’ensemble des interactions entre les textes s’appelle ‘intertextualité’ (Julia Kristeva)
Montaigne: « Nous ne faisons que nous entregloser. » (Essais, III, 13)
- Il y a plus affaire à interpreter les interpretations, qu'à interpreter les choses : et plus de livres sur les livres, que sur autre subject : Nous ne faisons que nous entregloser.
- Tout fourmille de commentaires : d'autheurs, il en est grand cherté.
- Le principal et plus fameux sçavoir de nos siecles, est-ce pas sçavoir entendre les sçavants ? Est-ce pas la fin commune et derniere de touts estudes ?
- Nos opinions s'entent les unes sur les autres. La premiere sert de tige à la seconde : la seconde à la tierce. Nous eschellons ainsi de degré en degré. Et advient de là, que le plus haut monté, a souvent plus d'honneur, que de merite. Car il n'est monté que d'un grain, sur les espaules du penultime.
Notions parallèles: glose, commentaire, midrash (commentaire rabbinique de l’Ecriture sainte: montrer image du Talmud), homélie (idem dans l’Eglise, montrer page des commentaires d’Evangile par les Pères de l’Eglise)
Types de réécritures
• citations, références... (réécritures ponctuelles, partielles)
citation: reproduction mot à mot d’un énoncé
épigraphe (=exergue): citation isolée, mise en relief au début d’un texte dont elle oriente l’interprétation
collage: citation, éventuellement tronquée, d’un texte au milieu d’autres, dans un but ludique
plagiat: reproduction du texte d’un autre par quelqu’un qui se l’approprie indûment
allusion: référence plus ou moins claire à un texte, une expression, un trait stylistique...
• imitations, transpositions...
imitation (ex. Aulularia de Plaute > L’Avare de Molière...)
amplification (ex. Histoire romaine de Tite-Live I, chap.23-24 > Horace de Corneille)
transposition : dans un autre contexte historique
traduction: dans une autre langue
adaptation: dans un autre genre
• pastiches et parodies
pasticher consiste à imiter le style d’un auteur, d’un mouvement, d’un genre, d’un registre
parodier consiste à détourner une oeuvre dans un but comique
héroï-comique: personnages ou actions triviales racontées d’une manière épique
burlesque: personnages illustres dans un langage familier
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Règles du théâtre classique
Le théâtre de la seconde moitié du XVIIe siècle est souvent appelé théâtre classique parce qu'il répond à un ensemble de règles inspirées du théâtre antique. Ces règles, connues sous le nom de règles des trois unités, furent notamment formulées par Boileau, dans L'Art Poétique (chant 3, vers 45-46), (1674) :
Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli
Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.
La règle des trois unités
En un jour : l'unité de temps
L’action ne doit pas dépasser une « révolution de soleil » d'après Aristote et de 12 à 30 heures selon les théoriciens. L'idéal du théâtre classique veut que le temps de l'action corresponde au temps de la représentation.
En un lieu : l'unité de lieu
Toute l'action doit se dérouler dans un même lieu (un décor de palais par exemple pour une tragédie ou un intérieur bourgeois pour une comédie). Cette règle a connu une évolution vers une plus grande rigueur après 1645. Auparavant, l'action pouvait avoir lieu dans différents lieux d'un même lieu d'ensemble, une ville par exemple.
Un seul fait accompli (une intrigue) : l'unité d'action
Tous les événements doivent être liés et nécessaires, de l'exposition jusqu'au dénouement de la pièce. L'action principale doit être ainsi développée du début à la fin de la pièce, et les actions accessoires doivent contribuer à l’action principale et ne peuvent être supprimées sans lui faire perdre son sens.
Autres exigences
La règle de bienséance
Conformément au respect de la vraisemblance, de la morale, l'acteur ne doit pas choquer le spectateur. De ce fait violence et intimité physique sont exclues de la scène. Les batailles et les morts doivent se dérouler hors scène et être rapportées aux spectateurs sous forme de récits. Quelques exceptions comme le suicide de Phèdre, ou la folie d'Oreste dans Andromaque, chez Racine ou celle de Dom Juan chez Molière sont restées célèbres.
La catharsis
Le but du théâtre est de purger et purifier les passions humaines. Pour réaliser cela, il faut toucher le spectateur qui doit pouvoir se sentir concerné par ce qui se déroule sur la scène. Boileau, au chant 3 de l'Art poétique, exprime ainsi cette exigence:
Que dans tous vos discours la passion émue
Aille chercher le cœur, l'échauffe et le remue.
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Esope
Phèdre
Abstémius
Martial (La Fille: http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/heron.htm)
Pilpay
Esope: comparer, in L&M p.214-215 Le Vieillard et la Mort d'Esope et La Mort et le Bûcheron de La Fontaine
Là où Esope se contente d'une narration brève en prose, qui ne sert que d'illustration didactique à la morale, La Fontaine prend et donne le plaisir de connaître de véritables personnages, bien caractérisés, qu'on voit, qu'on entend, une comédie avec une mise en scène, des sentiments voire des idées qui débordent la portée de la morale.
ex. La Mort et le Bûcheron
Phèdre: comparer Le Paon se plaignant à Juon chez Phèdre (III, 18) et chez La Fontaine (II, 17)
Phèdre imagine aussi une véritable petite comédie dans Le Paon se plaignant à Junon (III, 18), que La Fontaine a imité au Livre II, fable 17: on retrouve le dialogue au style direct avec Junon, la comparaison avec les autres oiseaux (aigle, rossignol, corbeau...). Il y a quelques différences de détail: chez La Fontaine Junon se montre sévère, la corneille est de mauvaise augure...
Abstémius > Les Obsèques de la Lionne
La Fontaine a repris d'Abstémius les personnages (le Lion, le Cerf), les circonstances (obsèques de la Lionne), le motif pour lequel le Cerf ne pleure pas (la Lionne lui avait mangé ses enfants), le conte qu’invente le Cerf pour se justifier (il a vu la Lionne ‘se rendre aux demeures élyséennes’).
La Fontaine ajoute:
- l’organisation des obsèques (envoi des Prévôts... v.6 à 10)
- satire de la cour et des courtisans (v.15 à 23 + 28-29 + 36-38 +50)
- le Cerf rapporte les paroles mêmes qu’il aurait entendu dire à la Lionne (mise en scène de sa défense)
- morale à l’impératif, sous forme de conseil; va plus loin que l’ «honorable excuse» d’Abstémius: «vous serez leur amis» dit La Fontaine; présente les rois comme des dupes.
Le Rat et l’Eléphant
On suppose que «Le Rat et l’Eléphant» a été inspiré de «L’Âne de moquant du Sanglier» de Phèdre: on y retrouve un sot animal qui se moque d’un autre plus puissant que lui. Chez Phèdre, l’avertissement (la morale) est donné au début du texte.
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Sous-catégories
Registres littéraires
Le registre littéraire désigne l'effet produit par le texte: le registre est comique si le texte nous faire rire; épique, s'il nous donne envie d'admirer le héros; tragique, s'il nous fait craindre pour lui etc. Pour susciter cet effet, l'auteur emploie des procédés littéraires adaptés.
Outre les principaux registres littéraires présentés ci-dessous, on pourra en reconnaître d'autres dans la célèbre «tirade du nez» de Cyrano : https://libretheatre.fr/tirade-nez-cyrano-de-bergerac/
cf M&P p.285 : les tonalités littéraires
Règles d'orthographe
Quelques règles regroupées en pdf
