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Œuvres

Dancourt : Le Chevalier à la mode (1761)

Détails
Bruno Masala
Œuvres
7 Mars 2025
Mis à jour : 7 Mars 2025
Clics : 277

À la scène 6 de l'acte V, erreur fréquente de transcription dans cette réplique du Chevalier. Il faut lire:

«Mettez-vous à ma place, de grâce, et voyez si j'ai tort. J'ai de la qualité, de l'ambition et peu de bien. Une veuve des plus aimables, et qui m'aime tendrement, me tend les bras. Irai-je faire le héros de roman, et refuserais-je quarante mille livres de rente qu'elle me jette à la tête ?»

cf https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3051915t/f103.item

Cette erreur se trouve dans des manuels de lycée et aussi sur https://www.theatre-classique.fr/pages/programmes/edition.php?t=../documents/DANCOURT_CHEVALIERALAMODE.xml#A5 

dancourt chevalier a la mode V 6 chevalier extrait

Saint-Exupéry : Pilote de guerre (1942)

Détails
Bruno Masala
Œuvres
25 Février 2025
Mis à jour : 25 Février 2025
Clics : 375
  • Auteur(s) : • Saint-Exupéry, Antoine de (1900 - 1944)  

Acheter un exemplaire : https://www.amazon.fr/dp/2070368246/ 

Extraits (pagination éd. Le Livre de Poche 1966) : 

• La victoire organise, la victoire bâtit. (…) Mais la défaite fait tremper les hommes dans une atmosphère d’incohérences, d’ennui, et, par-dessus tout, de futilités. p. 15
• La victoire seule noue. La défaite non seulement divise l’homme d’avec les hommes, mais elle le divise d’avec lui-même. (chap. 17, p.136)

• Un pays n’est pas la somme de contrées, de coutumes, de matériaux, que mon intelligence peut toujours saisir. C’est un Être. (chap.2, p. 24)

• L’angoisse est due à la perte d’une identité véritable. Si j’attends un message dont dépend mon bonheur ou mon déses- poir, je suis comme rejeté dans le néant. Tant que l’incertitude me tient en suspens, mes sentiments et mes attitudes ne sont plus qu’un déguisement provisoire. Le temps cesse de fonder, seconde par seconde, comme il bâtit l’arbre, le personnage véri- table qui m’habitera dans une heure. Ce moi inconnu marche à ma rencontre, de l’extérieur, comme un fantôme. Alors j’éprou- ve une sensation d’angoisse. La mauvaise nouvelle provoque, non l’angoisse, mais la souffrance : c’est tout autre chose. (chap.5, p. 37)

• L’important est de se gérer dans un but qui ne se montre pas dans l’instant. Ce but n’est point pour l’Intelligence, mais pour l’Esprit. L’Esprit sait aimer, mais il dort. La tentation, je connais en quoi elle consiste aussi bien qu’un Père de l’Église. Être tenté, c’est être tenté, quand l’Esprit dort, de céder aux raisons de l’Intelligence. (…) Connaître, ce n’est point démonter, ni expliquer. C’est accéder à la vision. Mais, pour voir, il convient d’abord de participer. Cela est dur apprentissage... (chap.7, p. 50, 51, 52)

• Vivre, c’est naître lentement. Il serait un peu trop aisé d’emprunter des âmes toutes faites. 
Une illumination soudaine semble parfois faire bifurquer une destinée. Mais l’illumination n’est que la vision soudaine, par l’Esprit, d’une route lentement préparée. J’ai appris lentement la grammaire. On m’a exercé à la syntaxe. On a éveillé mes sentiments. Et voilà brusquement qu’un poème me frappe au cœur.
Certes je ne ressens pour l’instant aucun amour, mais si, ce soir, quelque chose m’est révélé, c’est que j’aurai pesamment apporté mes pierres à l’invisible construction. Je prépare une fête. Je n’aurai pas le droit de parler d’apparition soudaine, en moi, d’un autre que moi, puisque cet autre que moi, je le bâtis.
Je n’ai rien à attendre de l’aventure de guerre, sinon cette lente préparation. Elle paiera plus tard, comme la grammaire... (chap. 10, p.67-68)

• Il est revenu cette semaine une mission sur trois. Il est donc une haute densité du danger de guerre. Cependant, si nous sommes de ceux qui reviennent, nous n’aurions rien à raconter. J’ai autrefois vécu des aventures : la création des lignes postales, la dissidence saharienne, l’Amérique du Sud... mais la guerre n’est point une aventure véritable, elle n’est qu’un ersatz d’aventure. L’aventure repose sur la richesse des liens qu’elle établit, des problèmes qu’elle pose, des créations qu’elle provoque. Il ne suffit pas, pour transformer en aventure le simple jeu de pile ou face, d’engager sur lui la vie et la mort. La guerre n’est pas une aventure. La guerre est une maladie. Comme le typhus. (chap. 10, p.75-76)

• Après neuf mois de guerre, nous n’avons pas encore réussi à faire adapter, par les industries dont elles dépendent, les mitrailleuses et les commandes au climat de la haute altitude. Et ce n’est pas à l’incurie des hommes que nous nous heurtons. Les hommes, pour la plupart, sont honnêtes et consciencieux. Leur inertie, presque toujours, est un effet, et non une cause, de leur inefficacité.

L’inefficacité pèse sur nous tous comme une fatalité. Elle pèse sur les fantassins armés de baïonnettes face à des tanks. Elle pèse sur les équipages qui luttent un contre dix. Elle pèse sur ceux-là mêmes qui devraient avoir pour mission de modifier mitrailleuses et commandes. (chap. 12, p.85)

• Nous vivons dans le ventre aveugle d’une administration. Une administration est une machine. Plus une administration est perfectionnée, plus elle élimine l’arbitraire humain. Dans une administration parfaite, où l’homme joue un rôle d’engrenage, la paresse, la malhonnêteté, l’injustice n’ont plus l’occasion de sévir.

Mais, de même que la machine est bâtie pour administrer une succession de mouvements prévus une fois pour toutes, de même l’administration ne crée point non plus. Elle gère. Elle applique telle sanction à telle faute, telle solution à tel problème. Une administration n’est pas conçue pour résoudre des problèmes neufs. Si dans une machine à emboutir, on introduit des pièces de bois, il n’en sortira point des meubles. Il faudrait, pour que la machine s’adaptât, qu’un homme disposât du droit de la bousculer. Mais dans une administration, conçue pour parer aux inconvénients de l’arbitraire humain, les engrenages refusent l’intervention de l’homme. Ils refusent l’Horloger.
(...)
Je songe à une formule vieille comme mon pays : « En France, quand tout semble perdu, un miracle sauve la France. » J’ai compris pourquoi. Il est arrivé parfois qu’un désastre ayant détraqué la belle machine administrative, et celle-ci s’étant avérée irréparable, on lui a substitué, faute de mieux, de simples hommes. Et les hommes ont tout sauvé. (chap. 12, p.85-87)

• Il ne s’agit point ici, pour moi, de dénigrer les démarches de l’intelligence, ni les victoires de la conscience. J’admire les intelligences limpides. Mais qu’est-ce qu’un homme, s’il manque de substance ? S’il n’est qu’un regard et non un être ? (...)

Nous avons failli crever en France de l’intelligence sans substance. Gavoille est. Il aime, déteste, se réjouit, ronchonne. Il est pétri de liens. Et, de même que je savoure, en face de lui, ce boudin craquant, je savoure les obligations du métier qui nous fondent ensemble dans un tronc commun. J’aime le Groupe 2/33. Je ne l’aime pas en spectateur qui découvre un beau spectacle. Je me fous du spectacle. J’aime le Groupe 2/33 parce que j’en suis, qu’il m’alimente, et que je contribue à l’alimenter. (chap. 22, p.186)

• (…) l’amour véritable : un réseau de liens qui fait devenir. (chap. 23, p.200)

• Le blé est autre chose qu’un aliment charnel. Nourrir l’homme ce n’est point engraisser un bétail. Le pain joue tant de rôles ! Nous avons appris à reconnaître, dans le pain, un instrument de la communauté des hommes, à cause du pain à rompre ensemble. Nous avons appris à reconnaître, dans le pain, l’image de la grandeur du travail, à cause du pain à gagner à la sueur du front. Nous avons appris à reconnaître, dans le pain, le véhicule essentiel de la pitié, à cause du pain que l’on distribue aux heures de misère. La saveur du pain partagé n’a point d’égale. (chap. 24, p.202-203)

 

 

Spinoza : Traité théologico-politique (1670)

Détails
Bruno Masala
Œuvres
17 Février 2025
Mis à jour : 17 Février 2025
Clics : 268

 

Présentation : https://fr.wikipedia.org/wiki/Traité_théologico-politique 

Texte intégral : http://hyperspinoza.caute.lautre.net/IMG/pdf/Traite_Theologico-politique.pdf (traduction de Charles Appuhn, prescrite pour les CPGE scientifiques 2024-2025)

 

Bernanos : Où allons-nous ? (1943)

Détails
Bruno Masala
Œuvres
13 Février 2025
Mis à jour : 19 Février 2025
Clics : 499
  • Auteur(s) : • Bernanos, Georges (1888 - 1948)  

En 1943, depuis son exil brésilien, Bernanos met son talent de polémiste au service de la France libre. Dans Où allons-nous ?, publié dans les Cahiers de Témoignages chrétiens août-septembre 1943, il attaque les élites, notamment chrétiennes, sur leur mollesse, leur démission... 

Texte original : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1502269p

Acheter un exemplaire numérique : https://books.google.fr/books/about/O%C3%B9_allons_nous.html?id=fqkjEAAAQBAJ 

         Extraits : 

la fin de la liberté ? 

Nous commençons à comprendre que l’anéantissement universel, non seulement des libertés, mais de l’Esprit de Liberté, serait un désordre pire que tous les autres, ou plutôt serait le désordre absolu sous les apparences de l’Ordre, car cet ordre serait, au sens exact du mot inhumain. Les dictateurs ne se présentent plus à leur peuple le fouet au poing, ils lui disent : « Nous n’en voulons à rien qui te soit réellement utile, nous n’en voulons qu’à ton âme. Consens à nous, comme tu consens aux autres nécessités de la vie, ne discute pas notre droit, laisse-nous juger à ta place du bien et du mal. Donne-nous ton âme une fois pour toutes, et tu t’apercevras bien vite qu’il ne t’en a coûté qu’un sacrifice d’amour-propre, qu’elle t’était une charge au-dessus de tes forces, un luxe ruineux. Renie ton âme et, dispensé ainsi de te gouverner, nous t'administrerons comme un capital, nous ferons de toi un matériel si efficace que rien ne pourra y résister. Les hommes sans conscience, groupés en colonies comparables à celles des termites, auront facilement raison des autres. La Bête humaine, industrieuse et sagace, soigneusement sélectionnée, selon les meilleures méthodes, ne fera qu’une bouchée du pauvre rêveur, qu’on appelait autrefois l’homme moral, assez sot pour payer d'épreuves sans nombre la vaine gloire de se distinguer des animaux par d’autres qualités qu’une ruse et une cruauté supérieures. Toutes les richesses de la terre appartiennent d’avance à ceux qui seront engagés les premiers dans la nouvelle voie, qui auront les premiers renié leurs âmes. 

 

sur l’infaillibilité de l’Église 

Les dévots disent ce qu’ils veulent, mais l’Eglise définit ; et cette infaillibilité doctrinale où tant de gens voient le principe d’un asservissement des consciences est justement ce qui libère les nôtres. Elle nous protège contre la tyrannie des opinions successives, des collectives déformations du sens chrétien, en nous permettant de leur opposer, comme je le fais en ce moment, une tradition immémoriale, inaltérable, impérissable, dont les préjugés, les passions, l’intérêt, la politique pourraient détourner les Pontifes, s’ils ne savaient que leur parole l'engage chaque fois tout entière. Ce n’est pas nous qui sommes liés par l'infaillibilité doctrinale ; c’est elle qui retient l’Eglise vivante dans les chaînes, en donnant à chacune de ses décisions le caractère d’un risque absolu : tout ou rien.

 

mollesse des chrétiens 

Le moindre fléchissement de l’opinion chrétienne moyenne peut avoir des conséquences sociales et culturelles d'une prodigieuse gravité. N'est-ce pas un tel fléchissement qui menace aujourd’hui de mettre le génie de la France, héritière de la civilisation hellénique au service d’un humanisme inhumain ? 

 

Le signe fatal pour nous tous — oui pour nous tous ! croyants ou incroyants — ce n’est pas que les chrétiens soient moins nombreux, c’est que le nombre des chrétiens médiocres augmente.

 

C’est dans l'intérêt des sociétés menacées que je les invite à voir le danger là où il est, non dans la subversion des Forces du Mal, mais dans la corruption des Forces du Bien. 

 

L’État 

« L’Etat païen est ressuscité ! » — voilà le cri d’alarme qui doit retentir parmi les hommes nuit et jour, s’il y a encore des hommes. L'Etat païen ne s'est pas seulement réincarné dans les institutions, il s’est imposé aux esprits et aux consciences. Communistes ou totalitaires, ouvriers ou bourgeois — chacun se fait du dieu une image différente et le prie selon ses propres rites, mais ils implorent tous son règne — adveniat regnum tuam ! les peuples ne veulent plus courir de risques, vivre leur vie de peuples comme un homme digne de ce nom vit une vie d’homme. Aujourd’hui comme il y a vingt siècles, ils fondent leurs espoirs sur une colossale bureaucratie. Désormais trop lâches pour s'imposer librement des devoirs, et n'en crevant pas moins de peur à la pensée des conséquences probables de leurs vices, ils s’en remettront volontiers à l'Administration du soin de les préserver d’eux-mêmes, de les forcer à faire ce qu’il faut, pourvu cependant qu’on épargne leur amour-propre, pourvu qu’ils puissent toujours se dire électeurs et passer pour contrôler cette énorme machine. Remarquez qu’ils savent très bien qu’au train où vont les choses, l'Administration sera demain si puissante et sa réglementation œcuménique si minutieuse, que le nom d’électeur devenant un privilège honorifique aussi vain que le titre de chanoine de Latran conféré par le Souverain Pontife à chaque président de la République, il n’importera pas plus de changer de député ou de sénateur que de parapluie. 

 

L'Etat païen est ressuscité ! — Attention ! Prenez garde ! Cela ne veut pas dire que les chefs d’Etat ne vont plus à confesse, imbéciles ! Cela signifie qu’un nombre sans cesse croissant d’hommes refusent la part héroïque de la vie, refusent de parier avec Pascal pour les valeurs éternelles. Notez bien qu’ils ne les nient pas tous. Mais ceux-là même qui y croient encore ne veulent plus parier, voilà tout ; ils ne se sentent nullement d’humeur à engager leur destin sur cette chance. Le voudraient-ils qu’ils ne le pourraient pas. Ils ont perdu le sens de la justice ; ils sont devenus absolument, incapables, de la désirer, de ce désir que l'Evangile ose comparer à la faim et à la soif. Ils demandent seulement à souffrir personnellement le moins possible de l’injustice, et pour cela, ils se font tout petits devant elle ; ils se rapetissent afin de lui donner moins de prise; ils s’efforcent de ne se distinguer en rien, de se perdre dans le troupeau. Dès que les hommes ont décidé de mettre en commun leur médiocrité, l’Etat païen est conçu et il ne cessera plus de grandir. Les hommes deviendront de plus en plus médiocres et l’Etat de plus en plus puissant. A un certain degré de perfection dans la médiocrité, l’uniformité, la discipline grégaire, ils auront perdu leur dignité d’hommes, et l’Etat sera dieu. Qu’importera dès lors, le nom sous lequel nous devrons l’adorer — Démocratie ou Dictature ?... 

 

la réponse au défi de l’Etat-Dieu, c’est l’homme libre

 

sous prétexte de servir la justice, vous ne vous laisserez pas mettre aux genoux de cette idole de toutes les sociétés conformistes, la légalité substituée au Droit

 

trahison des élites 

Les élites ont trahi d’abord le peuple « en le faisant douter de lui-même et de ce qu’il aimait

Incapables de créer une France à leur image et ressemblance, les futurs chefs de l’Ordre Nouveau imposaient au monde une France factice, afin que, le moment venu, ils pussent se poser en libérateurs d’un fantôme, d’une fiction, tandis qu’ils mettaient la France réelle dans les fers 

 

le signe fatal, ce n’est pas que A. Hitler soit, oui ou non, un demi-dieu, mais qu’on le traite comme tel, que des millions d’êtres se soient donnés à lui, corps et âme, attendant de lui leur rédemption. Le signe fatal, c’est l’idolâtrie, non l’idole. L’humanité est entrée jadis dans l’idolâtrie par ignorance, elle y retourne aujourd’hui par désespoir. 

 

 

C’est dans l'intérêt des sociétés menacées que je les invite à voir le danger là où il est, non dans la subversion des Forces du Mal, mais dans la corruption des Forces du Bien. Qu'on le déplore ou non, il n’y a rien de mieux, à opposer aux morales nouvelles que la morale chrétienne, et vous auriez tort de croire que les premières ne sauraient rien opposer de valable à la seconde, comme si les maximes de l'Evangile étaient des axiomes d'Euclide. À bien des égards, au contraire, la doctrine évangélique est un paradoxe, un défi, elle a paru telle jadis. Le caractère sacré de la personne humaine est une thèse, plus difficile à soutenir que la thèse contraire, la dépendance absolue, de l’individu, à la communauté. Il paraît qu’on commence à se débarrasser en Allemagne, par. la méthode de l’euthanasie, des infirmes et des débiles mentaux. Pour les mêmes raisons, on pourrait détruire aussi beaucoup d'autres produits moins tarés, mais qui risquent de coûter à la Société plus qu'ils ne rapportent. Un raisonnement analogue conduirait à supprimer une partie des pauvres, notamment, ceux auxquels une longue hérédité familiale de pauvreté laisse peu de chance d’accéder, par leurs propres forces, à un sort meilleur. Après tout, cette sorte d’épuration des mal-fichus se justifie tout autant que l’épuration des mal-pensants. Si vous, n’étiez pas chrétiens, s’il ne coulait dans vos veines le sang de l’antique chrétienté, elle ne scandaliserait pas plus vos consciences que le meurtre d’un esclave, n’eût révolté jadis un citoyen de Rome ou de Carthage. Et, si vous ne prétendez opposer à cette logique féroce que la Lettre de l’Evangile, vous êtes battus d’avance, mes chers amis. Le diable est le plus grand des logiciens, il n’y a pas de logique comparable à la Logique de l’Enfer. N’attendez donc aucun secours de la Lettre. L’Esprit seul peut vous sauver. Croyants ou incroyants, tout affaiblissement de l’esprit chrétien est une catastrophe pour chacun de vous. Devant le péril qui nous menace, nous sommes solidaires ; nous nous sauverons ou nous périrons ensemble.

  1. Weil (Simone) : L'Enracinement (1943/1949)
  2. Labiche : L’Affaire de la rue de Lourcine (1857)
  3. Racine : Bérénice (1670)
  4. Corneille : Tite et Bérénice (1671)

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