Qui est-ce qui redonne la santé? le médecin? notre propre corps? 

Selon Érasme, l’enfant n’est véritablement un humain que lorsqu’il est éduqué. Cette position est d’un mépris inacceptable. L’enfant n’est pas une matière brute qu’il faut former. 

St Thomas, les trois vertus qui font le bon disciple: 

  • bienveillance
  • docilité
  • attention

cf Proème du De anima 

 

Bienveillance. Comment introduire une année ? 

  • parler de l’utilité de la discipline

Docilité (mot honni aujourd’hui, assimilé à soumission, esclavage…): se laisser enseigner, accepter de recevoir d’un autre. Pour l’obtenir, 

ex. d’un professeur qui commençait tous ses cours, élèves debout, en introduisant son contenu, en présentant le plan et en désignant un élève comme gardien du temps.

 

Attention: on l’obtient en explicitant la nature de la difficulté que l’on va rencontrer aujourd’hui. 

 

Jean-Bernard Mauduit: Le territoire de l'enseignant. Esquisse d'une critique de la raison enseignante

«  L’attention est une faveur accordée, l’exact opposé d’une pression subie. 

Tout ce qui est autour disparaît. On ne force pas l’attention, c’est l’attention qui force les choses. Mettre en exergue l’objet de l’attention, sans exercer une pression pour l’obtenir formellement. Se ressaisir lorsque notre voix de professeur n’est plus qu’un bruit pour les oreilles de l’élève. L’attention est une exclusivité que l’on accorde. 

 

La réussite des élèves aux examens, dans leur orientation est certes un bon signal. Mais ce n’est pas l’essentiel. Ce qui va permettre d’épanouir un enfant avant tout, c’est sa formation littéraire. 

 

Les trois opérations de l’intelligence

  • le mot, la définition
  • l’énonciation 
  • l’argumentation

 

Enrichir le vocabulaire est essentiel. Fixer cette « cuillère à réalité » qu’est le mot. 

Ne pas avoir les mots pour s’exprimer suscite la violence. La société fait les frais de la crise scolaire (et non l’inverse). 

 

L’énonciation: la capacité à dire quelque chose de quelque chose; la grammaire qui structure la pensée. 

Laurent Lafforgue (médaille Fields de mathématiques): Les mathématiques ne sont pas la discipline la plus importante. La plus importante, c’est la maîtrise de la langue. En mathématiques, « Les mots ne désignent pas les choses mais les contiennent. »

« Le rapport réfléchi au langage s’appelle la grammaire. » 

Il est essentiel de transmettre le rapport distancié au langage par la grammaire. 

 

La lecture initie le raisonnement personnel chez l’enfant. 

 

L’argumentation: l’effort de l’intelligence capable d’affirmer, convaincre, conclure… 

ex. de sujet qui nécessite une argumentation: Il est néfaste de donner un smartphone à un enfant avant 15 ou 16 ans. 

Il faut commencer à enseigner les fondamentaux de l’argumentation dès la 4ème ou 3ème. La liberté de l’intelligence est un des fruits de la maîtrise de l’argumentation. 

 

La sanction fait partie de l’éducation. 

Sanctionner c’est évaluer ce qui est ajusté à une perfection. 

Il y a quelque chose de sacré dans une sanction. 

Quand on sanctionne, c’est par rapport à une perfection attendue. (Ne pas confondre réaction du professeur et sanction.) 

Distinguer le 15/20 d’un élève qui s’est donné du mal et le 15/20 d’un fumiste… 

C’est l’excellence intégrale de chaque élève qu’il faut viser, non l’excellence de l’établissement. 

 

Sanctionner n’est pas punir. 

  • Sanctionner : évaluer, apprécier, présenter un chemin de progression.
  • Punir : donner un travail, exclure etc. 

Il doit y avoir mortification mais jamais humiliation dans la sanction. 

La sanction doit avoir une vertu individuelle et et une vertu collective. La dimension politique de la sanction est très importante. Une sanction bien ajustée participe au bien commun. 

 

Dans l’éducation, il y a trois degrés d’efficacité : 

  • parler (ce dont on se souviendra le moins…)
  • agir (poser des actes; certains paroles sont aussi des actes)
  • être (l’exemplarité)

 

Ce que vous êtes aura une influence dans votre travail.