Didasco.org Partage de connaissances pour lycéens
Pourquoi investir dans l'école libre ?   cliquer ici     mossoux pont IMG 1171

Et pour Didasco.org, contribuez en BTC : 3EK3K84Emung92Ay5Dv6QxeeJd6qR38iYS
ou ETH : 0x8455f639C80D8C717dC16c5226717b30D3463Ae6

  • Accueil
  • Philosophie
    • Option Hum.Litt.Phi. 1ère
  • Lettres
    • Textes
    • Œuvres
    • Auteurs
    • Français : exercices & épreuves
      • Commentaire littéraire
      • Dissertation littéraire
      • Oral de Français
    • Français : cours & notions
      • Mouvements, écoles & époques
      • Registres littéraires
      • Genres & formes
      • Procédés & figures
      • Notions de théâtre
    • Latin
    • Grec
    • Lexique
  • Histoire & Géo.
    • Troisième Brevet - Histoire
    • Troisième Brevet - Géographie
  • Math. & Sciences
    • Jeu de Go
    • SVT
  • STMG
  • Langues
    • Deutsch
    • English
    • Italiano
    • Grec
    • Latin
  • Beaux-arts
    • Musique
    • Peinture et Sculpture
    • Saints et Bienheureux

Question sur le corpus

Théâtre - Racine, Hugo, Sarraute - Comment ces dialogues de théâtre rendent-ils perceptibles les difficultés des aveux ?

Détails
Bruno Masala
Question sur le corpus
12 Février 2018
Mis à jour : 14 Mai 2020
Clics : 1398
  • Texte, œuvre, auteur : • Hugo : Ruy Blas - I, 3 extrait  

Fait partie du sujet de l'EAF 2015 séries ES/S Pondichéry : https://www.annabac.com/annales-bac/textes-de-racine-hugo-sarraute 

Exemple de corrigé rédigé  

Le corpus est constitué de trois dialogues de théâtre où un personnage hésite à avouer quelque chose à un autre. Dans l’extrait de Phèdre, de Racine, (texte A), Phèdre finit par céder à la passion et dire à Hippolyte, le fils de son mari, qu’elle l’aime. L’extrait de Ruy Blas (texte B) met en scène deux amis qui se retrouvent: Ruy Blas est en confiance et finit par tout dire à son ami Don César. Dans l’extrait de Pour un oui ou pour un nom, de Sarraute (texte C), les deux personnages ne s’avouent pas clairement leur sentiment, mépris chez l’un, blessure d’être méprisé chez l’autre, mais reviennent sur les circonstances exactes de la révélation. Comment ces trois textes rendent-ils perceptibles les difficultés des aveux?

Avant de se lancer dans la tirade lyrique où elle va confesser son amour, Phèdre hésite à parler. Les points de suspension au vers 10 « et mon coeur… » traduisent le scrupule de conscience qui la retient. Par ailleurs, elle se contredit: après avoir affirmé comme un fait avéré que Thésée est mort (« Puisque Thésée a vu les sombres bords »), elle se reprend et affirme le contraire: « Que dis-je? Il n’est point mort puisqu’il respire en vous ». Dans ce vers et les deux suivants, sa passion trouve subrepticement une voie pour s’extérioriser avant qu’elle ne se reprenne: « Je m’égare, Seigneur, ma folle ardeur malgré moi se déclare. » Ensuite, dans la tirade, Phèdre emprunte le détour d’une narration pour déclarer sa flamme: si Hippolyte était venu tuer le Minotaure, c’est elle, et non Ariane, qui l’aurait aidé… Enfin, lorsqu’Hippolyte montre sa surprise et l’accuse d’oublier que Thésée est son père, elle se reprend et se pare dans le souci de sa gloire. 

La situation est très différente pour Ruy Blas, qui s’adresse en toute confiance à un ami. Pourtant, avant d’exprimer clairement ce qu’il a à avouer, il va lui aussi prendre un détour: l’hyperbole « hydre aux dents de flamme ». Ensuite, il enchaîne les épithètes péjoratifs: « quelque chose / d’étrange, d’insensé, d’horrible et d’inouï »; « poison affreux » etc. Après ces longues circonlocutions, Ruy Blas dit tout net à son ami, dans une phrase exclamative fort brève, laissant seulement le temps à Don César de s’exclamer « Ciel! ». Il reprend ensuite en s’épanchant lui-même sur la folie de sa passion. 

Chez Sarraute, la difficulté d’avouer est beaucoup plus nette. Elle se traduit d’emblée par les nombreuses hésitations de H2, incarnées par des points de suspension et, en regard, des questions insistantes de H1. Par ailleurs, des didascalies nous renseignent sur l’inconfort moral de H2: « piteusement », « soupire », « prenant courage ». 

Ainsi, les difficultés des aveux sont rendues perceptibles par la ponctuation, notamment les points de suspension, par les didascalies, qui indiquent les difficultés à s’exprimer, et par les détours que prennent les personnages avant de dire les faits. 

 

Poésie - Dans l’âme du poète, sous sa plume, chez son lecteur, que devient la douleur?

Détails
Bruno Masala
Question sur le corpus
11 Décembre 2017
Mis à jour : 6 Février 2023
Clics : 1292
  • Texte, œuvre, auteur : • Ronsard : Sur la mort de Marie (1578)   • Verlaine : Sagesse - III, 18 Toutes les amours de la terre...  

Texte A - Pierre de Ronsard, «Sur la mort de Marie», sonnet CVIII, Le Second Livre des Amours (1578).
Texte B - Paul Verlaine : «Toutes les amours de la terre...» (Sagesse, III, 18, 1881)
Texte C - Paul Eluard : «Notre vie» (Le Temps déborde, 1947)

Le corpus est composé de trois poèmes d’époques très différentes mais dont le point de départ est similaire: la douleur face à la mort. Le texte A est extrait du Second Livre des Amours, de Ronsard, au XVI° siècle: il évoque la mort d’une jeune fille, Marie. Le texte B est de la fin du XIX° siècle: le recueil Sagesse appartient à la dernière période de Verlaine. Le poète part de l’amertume ressentie par l’homme devant la mort, la haine etc. Eluard, auteur du texte C, est un poète du XX° siècle. Il a perdu sa femme Nush et sa douleur est immense. Ces trois poèmes partent donc de la douleur ressentie par le poète. Ils l’expriment différemment et ne restent pas tous centrés sur ce sentiment. Nous nous poserons donc la question de savoir ce que devient la douleur, exprimée par le poète.

Dans le sonnet de Ronsard, la mort de la jeune fille est au centre mais occupe en tout peu de place; Ronsard mentionne ses larmes et ses pleurs mais sans s’étendre sur cette douleur. Il développe plus volontiers la description d’une belle rose au mois de mai, dans les deux quatrains, afin de lui comparer la jeune Marie. C’est pourquoi le sonnet apparaît davantage comme un hommage à la jeune fille qu’une déploration. Ainsi, le vocabulaire de la beauté (belle jeunesse, première fleur, grâce, embaumant...) est bien plus riche que celui de la mort (languissante, t’a tuée..) D’ailleurs, même morte, Marie restera belle, car le sonnet se clôt en reprenant la comparaison avec la rose.

Eluard évoque aussi les beaux matins de mai (v. 2). Il rappelle les moments de bonheur et d’intimité Notre vie disais-tu si contente de vivre / Et de donner la vie à ceux que nous aimions. Mais la mort de Nush est un thème obsédant: la mort est nommée six fois, dont trois dans le seul v. 9; et au v. 11 la phrase sans verbe oppose la morte qui est visible, qui se présente sans cesse aux yeux du poète, à Nush, la vraie, la vivante, qui, elle, est devenue invisible. Par ailleurs, le champ lexical de la douleur est davantage développé que dans le sonnet de Ronsard: la soif, la faim, mon corps épuisé, sources de larme etc. Ainsi, le poème d’Eluard reste centré sur l’expression de la douleur, et donc dans le registre élégiaque, là où le sonnet de Ronsard s’échappe vers l’éloge rhétorique.

Dans le poème de Verlaine, on retrouve l’expression lancinante de la douleur, comme chez Eluard, mais avec des énumérations qui disent la variété des sources de douleur: toutes les formes d’amour qui se corrompent, dans la première strophe; la mort, la traîtrise, la violence dans la deuxième strophe. Le champ lexical de la douleur est riche: affreusement amer, ta chair s’irrite, voix dolentes, navrance... Mais l’intervention de Jésus, qui exhorte à aimer malgré tout, à espérer contre toute espérance, réoriente le poète: que celui-ci forme un choeur et qu’il aille de l’avant. C’est la dignité de l’homme, du poète Verlaine en particulier, de pouvoir composer à la gloire du Christ des hymnes à partir de sa propre navrance. Ainsi, la douleur devient prière qui délivre, rend espoir etc.

Le sonnet de Ronsard et le poème de Verlaine ont donc en commun de sublimer la douleur: l’un par la beauté, l’autre par la prière. Le poème d’Eluard est le plus intime des trois. Cependant, en restant centré sur une forme de deuil que beaucoup de personnes sont amenés à vivre, celui du veuvage, il atteint à l’universel.

Page 2 sur 2

  • 1
  • 2

Bienvenue

Pour accéder à certains liens et à la recherche en plein texte sur l'ensemble du site, enregistrez-vous. La procédure est en trois étapes. 

Les utilisateurs enregistrés peuvent ensuite demander à devenir membre de Didasco.org...

Connexion

  • Mot de passe perdu ?
  • Identifiant perdu ?
  • Créer un compte

Haut de page

© Didasco.org 2016-2025     Remerciements     Chaîne YouTubeLogoYouTube.