cf M&P p.328-329
Texte A : Ronsard : Quand je suis vingt ou trente mois... (Odes, X)
Texte B : Baudelaire : Fleurs du Mal - Chant d'automne
Texte C : Jaccottet : L'Ignorant - Que la fin nous illumine
Travail préparatoire, résumé des trois poèmes: A) Le poème de Ronsard se présente comme un monologue de 6 strophes de 6 vers, où Ronsard développe le thème de la fuite du temps, de la vieillesse qui vient vite et inexorablement. Il s’adresse successivement aux rochers, aux bois, aux grottes, aux rivières, en se comparant chaque fois à eux, à son désavantage. Mais il termine en soulignant qu’il préfère avoir été homme que rocher ou grotte, car ainsi il a pu aimer Cassandre (même si celle-ci l’a fait vieillir, sans doute en lui donnant du souci d’amour...) B) Le poème de Baudelaire envisage l’arrivée déplaisante de l’hiver, que l’automne annonce comme la mort; la brièveté de l’été est rapidement évoquée. Puis, dans une deuxième partie, le poète reprend sa plainte pour mieux quémander de la tendresse à celle qu’il aime. C) Jaccottet, lui, s’adresse d’abord directement au temps ‘Sombre ennemi’ pour lui demander un répit. Ensuite, il délivre sa morale d’artiste: chercher l’effacement, et non l’étalement, pour être plus efficace.
Analyse de la question: «des effets du temps qui passe» > qu’est-ce que la fuite du temps produit en nous? qu’est-ce que le sentiment de la fuite du temps déclenche en nous?
Eléments de réponse (à rédiger)
1°§ les trois textes se rejoignent pour dire que le temps passe vite: Ronsard: «ma jeunesse fuit» v.10, «sans faire long séjour» v.28 Baudelaire: «nos étés trop cours» v.2, «C’était hier l’été» v.15 Jaccottet: «Sombre ennemi qui ... nous resserres» v.1, «dans le peu de jours que je détiens» v.2
2°§ le temps qui passe a un effet destructeur: - Ronsard s’étend sur les ravages de la vieillesse (v.10-11, «le corps plus dur, Et les genoux, que n’est le mur», soulignant que le temps ne s’écoule pas de la même manière pour l’homme et pour la nature (strophes 2 à 5) - Baudelaire évoque l’hiver qui arrive, et avec lui la mort : le temps qui passe crée de l’angoisse («on cloue ... un cercueil» v.14, «tout aujourd’hui m’est amer» v.18, Jaccottet, lui, s’étend moins sur la «faiblesse» v.1 et la «pauvreté» v.14
3°§ : et chaque poète en tire une conséquence différente: car il prend d’emblée une résolution «laisse-moi ... vouer ma faiblesse...» v.2-3; Jaccottet poursuit tout le poème au futur de l’indicatif et au présent du subjonctif pour développer sa morale «la mort ... soit l’aliment», Ronsard s’est plaint longuement, mais c’était de la rhétorique afin de mieux souligner, par opposition, combien il est préférable d’être homme mortel pour pouvoir aimer Cassandre «je ne voudrais avoir ni roc, ni bois... / Car, ainsi dur, je n’eusse aimé», chez Baudelaire aussi la plainte est employée: pour quémander de la tendresse auprès de la femme aimée.
En vue d’une conclusion: • Ronsard se plaint, mais avec l’objectif de mieux mettre en lumière ce qui a été le bonheur de sa vie (ou de faire un compliment à Cassandre) • Baudelaire se plaint, afin d’obtenir de la tendresse; • Jaccottet développe une morale qui entend tirer parti du peu de temps que l’homme a à sa disposition
