• Œuvre, auteur : • Balzac : La recherche de l'Absolu (1834)  
  • Cours & notions : • antithèse   • Discours rapporté - style direct, indirect, indirect libre, récit de paroles   • hyperbole   • registre réaliste, réalisme  
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Cours à mobiliser
 - types de texte : narratif, descriptif, discours rapporté
 - distinction portrait physique / moral / social
 - énonciation : qui parle à qui? 
 - points de vue du narrateur 

Quelques observations détaillées : 

structure de l’extrait 

• portrait de Joséphine l. 1 à 7 : portrait moral très laudatif (l.1 à 3), portrait physique laudatif mais rappelant sa disgrâce physique (l. 5)

• puis, l.7 à 16, bref passage de récit contenant du discours rapporté (l.12 à 14) et reprise du portrait moral de Pépita en action de : prudence pleine de délicatesse l.8-9 et 14-15, «voix douce», «soumission» 

• portrait moral de Balthazar (l.15 à 25) : du point de vue de Joséphine (l.15-16), puis par le narrateur omniscient (l.16-25), avec de considérations morales (au présent de vérité générale l.21-25)

• retour au récit avec discours rapporté (l.25-34)

champs lexicaux 

• sentiments et émotions : «désir de plaire», «aimait», «amour», «fierté», «grandesse», «mépris», «dédain», «délicatesse», «sentiment», «bonheur», «cruels», «douceur constante», «douleur», «félicité» (l.24), «éprouvons du plaisir», «jouissance», «malheur», «profonde terreur»  (champ lexical très riche : exalter la noblesse des sentiments de Joséphine et, autrefois, de Balthazar ≠ annonce du caractère tragique de la suite)

• maison : «croisées», «cour intérieure», «jardin» (2x l.8 et 28), «mur» (l.29)

• vocabulaire laudatif «admirablement» l.4, «voix douce» l.9, «qui distingue» (l.10), «magnifiques»

• vocabulaire péjoratif «vices» l.5, «péchait» (l.6), «tyranniques» (l.16), «blessantes» (l.18), «disgrâce» (l.19)

hyperboles 

  • «une des plus illustres familles» (superlatif)
  • «elle y aurait pris du goût si elle n’en avait pas eu déjà» (hypothèse inutile; > elle a naturellement tellement de goût que même l’illustre famille où elle a été élevée s’est révélée inutile pour lui en faire acquérir davantage)
  • «admirablement» (adverbe) l.4
  • une femme qui sait aimer l. 3, 11

double antithèse

l.23/25 douleur / plaisir + félicité / malheur (+ dissonance / jouissance) : (dans un phrase au présent de vérité générale : narrateur qui raisonne) 

registre réaliste 

  • repères spatiaux précis (l.7-8)
  • précision des brèves notations de portrait physique de Joséphine (l.4-7)
  • portrait social de Joséphine  (l.1, 11-12)
  • observations morales au présent de vérité générale où le lecteur, tout homme, est inclus par la 1ère personne du pluriel (l.20-25)

analyse du discours rapporté 

- la question de Pépita l.12 reste un bon moment sans réponse, durant lequel le narrateur occupe son lecteur par le portrait moral de Balthazar; puis la réaction de celui-ci est hors sujet (l.26-27)

- l.30-31 phrase de monologue de Balthazar, suivie d'une phrase de monologue de Joséphine

> mise en scène de l’intense distraction de Balthazar; les deux époux semblent séparés par un «mur»  

remarques diverses 

  • «trente-troisième dimanche» nombre ésotérique
  • l.13 : messe et vêpres (rappel que, jusqu’à son engouement pour la chimie, Balthazar était un homme respectueux de la religion)

intérêt dramatique de l’extrait : la folie de Balthazar apparaît enfin à Joséphine dans toute sa mesure; on peut dès lors se demander quelles en seront les conséquences et comment Joséphine va agir désormais

 

Problématiques possibles

• Comment ce début de roman réaliste noue-t-il l’intrigue tragique ?

1. Dans ce début de roman, la mise en scène est précise et réaliste

le cadre spatial est précis

le narrateur omniscient relie les personnages à leur contexte social

2. Les deux personnages sont pleins de sentiments et d’émotion, suscitant ainsi l’intérêt du lecteur 

Joséphine est une épouse aimante et attentive

Balthazar, autrefois sensible et délicat, est maintenant l’objet de «tyranniques préoccupations»

3. Joséphine et Balthazar, qui formaient jadis un couple uni, semblent désormais séparés dans deux mondes distincts: qu’est-ce que cela laisse augurer de la suite?

un couple autrefois uni

un couple désormais séparé

Autre plan pour la même problématique 

1. le bonheur passé

2. le tournant du présent

3. le futur tragique de Joséphine et Balthazar

Quel sentiment prévaudra chez Balthazar Claës: son amour pour sa femme et sa famille, ou sa passion pour la recherche de l’Absolu ? 

Remarque : une problématique réduite à la question du réalisme est insuffisante. 

Introduction 

[accroche] «L’amour n’est pas seulement un sentiment, il est un art aussi.» affirme Honoré de Balzac dans la Recherche de l’Absolu. [présentation du roman] Dans ce roman réaliste, paru en 1834, le prolifique Balzac raconte la ruine d’une famille de la grande bourgeoisie des Flandres, causée par la passion dévorante du chef de famille, Balthazar Claës, pour la chimie. La sentence de l’auteur-narrateur sur l’amour est appliquée à Emmanuel de Solis, amoureux de Marguerite, la fille aînée de Balthazar et Joséphine Claës. [présentation de l’extrait] Longtemps, elle a pu s’appliquer à Balthazar lui-même, comme nous le rappelle l’extrait à commenter. Joséphine, elle, continue de cultiver l’art de l’amour conjugal, mais son mari semble perdu pour sa famille, pris par de «tyranniques préoccupations». En prenant acte de ce qui sépare désormais les deux époux, on pourra se demander comment ce début de roman réaliste noue l’intrigue tragique. [annonce du plan] ...