Extraits étudiés:
• Bernanos : Dialogues des Carmélites - III, 10 extrait
- Montrer que cette scène est un lieu de débat entre le droit et la force.
- Qu'est-ce qui fait la force dramatique de cette scène?
• Anouilh : Becket ou l’Honneur de Dieu - IV, entrevue à La Ferté-Bernard
- Montrer comment une amitié peut devenir tragique.
- Mettre en évidence la tension dramatique dans ce dialogue.
I - Rappels historiques, en guise d’introduction
Dès le début du XVIIème siècle, les Jésuites ont contribué à la création de pièces de théâtre dont les personnages étaient des martyrs chrétiens:
– ceux de l’antiquité romaine, nourris par les découvertes des premières fouilles archéologiques dans les catacombes de Rome,
– et les modernes, notamment les nouveaux convertis.
Dans les collèges jésuites, la pratique du théâtre constituait un outil pédagogique important: ainsi ces nouveaux sujets de tragédie ont été largement diffusés dans les élites européennes. Par exemple, Pirimalo, pièce d'Alessandro Donati créée en 1622, représente l'histoire d'un jeune catéchumène, Pirimalo, prince de Ceylan, mis à mort par son propre père en raison de son attachement irréductible à la foi chrétienne. Corneille, qui a été éduqué chez les jésuites, choisit un sujet très similaire pour Polyeucte, en 1641: Polyeucte, prince arménien, a épousé la fille de Félix, sénateur romain et gouverneur d'Arménie; suite à sa conversion il sera mis à mort à la demande de son beau-père.
Au XIXème siècle, les Romantiques mettent en scène Jeanne d’Arc, davantage comme héroïne patriotique que comme martyr. Le drame de Friedrich von Schiller La Pucelle d'Orléans (Die Jungfrau von Orleans, 1801) est la source de Giuseppe Verdi pour son opéra Giovanna d’Arco (1845). A la fin du XIXème siècle et durant tout le XXème siècle Jeanne d’Arc inspire de nombreuses oeuvres littéraires, notamment au théâtre
– Jeanne d'Arc, drame en trois pièces (Domrémy, les Batailles, Rouen) de Charles Péguy, en 1897
– Saint Joan, pièce de théâtre de George Bernard Shaw publiée en 1924
– Jeanne au bûcher, de Paul Claudel (1939)
II - Notions
martyre : • (Académie) Témoignage apporté par celui qui souffre, puis sa souffrance elle-même, les tourments endurés et la mort pour sa foi ou une cause, un idéal.
• (TLF): A. Supplices, souffrances et/ou mort endurés par quelqu'un parce qu'il n'a pas voulu renier sa foi. La masse énorme du Colisée (...) où tant de chrétiens ont souffert le martyre (MICHELET, Hist. rom., t. 1, 1831, p.4).
Etymologie: du latin ecclésiastique martyrium (du gr. «témoignage, preuve», «sanctuaire dédié à un martyr»), «action de témoigner le Christ dans la persécution», d'où «lieu où est enterré un martyr, sanctuaire»
prononcer le voeu du martyre. S'engager par serment à affronter la mort pour sa foi. Au régime impie qui prétend suspendre les voeux, je pense que la Communauté tout entière devrait répondre en prononçant solennellement le voeu du Martyre (BERNANOS, Dialog. Carm., 1948, p.1663).
III - Oeuvres abordées dans le cadre de ce cours:
1. Bernanos : Dialogues des Carmélites (1948 / 1949)
2. Robert Bolt: A Man For All Seasons (1954)
Cette vie de Thomas More (1478-1535) nous fait réfléchir sur la question de la conscience, de la vérité et de la source du droit
- d'abord montée comme pièce radiophonique en 1954
- puis à la télévision en 1957
- reprise et développée par l'auteur pour la scène en 1960, et publiée en France sous le titre Thomas More ou l'homme seul
- adaptée au cinéma par Fred Zinnemann en 1966: A Man For All Seasons (Un homme pour l'éternité)
En 1987, le dramaturge français Jean Anouilh reprend le même thème et écrit Thomas More ou L'Homme libre, une pièce à mi-chemin entre le théâtre et le cinéma, la dernière qu'il ait écrite. Elle est publiée juste après sa mort, fin 1987.
3. Anouilh : Becket ou l’Honneur de Dieu (1959)
4. Eugène Ionesco : Maximilien Kolbe (1988). Ionesco a écrit à la fin de sa vie le livret d’un opéra qui présente les deux dernières semaines de la vie de Maximilien Kolbe, prêtre franciscain polonais, qui offrit sa vie en échange de celle d’un père de famille à Auschwitz en 1941. La musique est de Dominique Probst.
- opéra créé à Rimini len 1988
- création en France à Arras en 1989
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